Kofi SetordjiSetordji est un artiste autodidacte qui a fréquenté des maitres, à Lagos et à Accra comme Ablade Glover, Saka-Acquay. Sans pour autant qu’on reconnaisse en lui leur influence.
La Rotonde des arts consacre une exposition à partir du jeudi 18 juin 2015, et ce pendant plus d’un mois au peintre et sculpteur ghanéen Kofi Setordji.

Pour le promoteur et curateur de ce centre d’art, le Professeur Yacouba Konaté « Setordji va changer notre regard à la fois sur l’art africain et sur les pratiques courantes». La peinture de Setordji est particulière telle que exprimée par son sens de la couleur.

« On l’a choisi parce que sa peinture a une clarté et un choix des couleurs qui est assez inhabituel voire particulier en Afrique. Il a un sens de la couleur qui est intéressant », explique Yacouba Konaté.

Kofi Setordji3Au-delà de la peinture, Setordji est aussi sculpteur. Toute chose qui a réconforté le curateur dans son choix. « On l’a sélectionné parce qu’il est également sculpteur. Il joue entre les deux et non l’un contre l’autre. Il considère dans son travail que les deux vont ensemble. Un peu comme les deux piliers principaux de son travail », se plait à dire le Professeur Konaté.

A cela, il faut ajouter la dimension d’opérateur culturel de Setordji. A Accra, il a construit sur fonds propre un centre d’art, Art House. Où il accueille en résidence des artistes. « C’est un acteur culturel qui compte et qui est incontournable à Accra et dans la sous-région », affirme Yacouba Konaté.

Dans sa création, le Professeur dénote un travail très coloré fait de lignes géométriques. « On a l’impression que tout se joue chez lui avec des droites, des courbes des lignes. Il y a une forme de cubisme dans son travail », découvre le curateur pour qui le sens des couleurs vives doit lui venir de la peinture d’enseigne.

Kofi Setordji2Concernant ses sculptures, le domaine d’intervention de cet artiste demeure le bois de teck avec des interventions minimalistes. « On dénombre beaucoup de cicatrices dans ses œuvres sculptées », peut-on remarquer.

Est-ce, ce qui fait dire au curateur et critique qu’il y a un lien entre son travail sculpté et sa peinture avec des personnages qui sont comme des têtes de sculpture.

Setordji est un artiste autodidacte qui a fréquenté des maitres, à Lagos et à Accra comme Ablade Glover, Saka-Acquay. Sans pour autant qu’on reconnaisse en lui leur influence.

Invraisemblablement, c’est l’œuvre intitulée « Génocide » exposée à la biennale de Dakar en 2000 qui va révéler Setordji à la face du monde.

Kofi Setordji5« Cette année (Ndlr: juin 2015) en l’invitant, c’est « génocide » que je voulais montrer au public en Côte d’Ivoire. Il s’agit d’une œuvre monumentale qui raconte l’histoire du Rwanda. Ce sont des sculptures avec quelques tableaux peints dans le décor général de la salle. C’est une œuvre qui a fait le tour du monde. J’ai même eu à l’exposer à Lille en 2000. C’est l’œuvre qui l’a révélé à tous les collectionneurs », confirme le Professeur Konaté.

Né en 1957 à Accra, au Ghana. Setordji vit et travaille à Accra. Il a exposé aux Usa, en Italie, en Grande Bretagne, en Allemagne, en France.

Ecrit par CHEICKNA D. Salif / Fratmat.info