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Bonjour Edith, pouvez-vous nous parler de votre parcours artistique ?

Edith BOYER

J’avais envie de chanter depuis l’âge de 7 ans mais mon parcours a été différent. Autodidacte, je n’ai pas fait de conservatoire mais j’ai eu la chance de faire de belles rencontres et de grands professeurs de renom international se sont intéressés à mes dispositions vocales et artistiques.

Il existait certainement chez moi dès le départ une disposition naturelle à la musique et au chant. Portée par ma joie de découvrir les grands compositeurs, j’ai la chance de pouvoir continuer dans cette voie jusque-là où la vie voudra bien me mener. La vie d’un artiste n’est pas simple mais se sentir sûr que l’on est au bon endroit procure une immense force intérieure, vous donne des ailes en quelque sorte ! Je suis portée par quelque chose qui me dépasse. Je pourrais l’expliquer en grande partie mais cela ferait l’objet d’une bien plus longue interview !

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Où trouvez vous votre motivation ?

Edith BOYER

Comme nombre d’entre nous, je me sens très concernée par l’état de notre monde. Lors de ces tragédies récentes, sensibilisée à ces répercussions présentes et à venir dans tous les aspects de notre démocratie, je souhaite m’engager en tant qu’Artiste dans l’écriture d’une nouvelle page de l’Histoire, de ce Nouveau Monde, sans connotation religieuse ou politique sauf au sens noble du terme, avec le sens du Sacré que mon parcours de vie m’a enseigné et sans lequel j’ai le sentiment que je ne serais pas grand-chose…

Je souhaite apporter ma modeste contribution, ma propre pierre dans l’édification de ce Nouveau Monde, là où je me sens le plus apte à le faire. Avec ma voix.

Je désire chanter pour la Paix dans le monde. Projet ambitieux, certes mais j’ai voulu lui donner ce sens.

Cela tient d’une grande exigence au quotidien. La voix s’appuyant sur le corps est connue pour être le premier instrument de musique. La voix est le reflet de ce que l’on a de plus intime en nous, de l’âme si l’on a cette croyance !

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Quelles sont vos références, influences et inspirations ?

Edith BOYER

Je tiens ce désir artistique de mes grands-parents paternels, je pense.

Mon grand-père, à côté de sa profession, jouait du piano, et donnait des concerts jusqu’à l’âge de 90 ans. Il accompagnait ma grand-mère dotée d’une belle voix de mezzo lors de réunions de famille.

Je me souviens qu’enfant, prenant mon petit-déjeuner avant l’école, j’entendais mon père chanter alors qu’il se rasait dans la salle de bains. Ce sont peut-être ces souvenirs intégrés à mon inconscient d’enfant qui m’ont permis la construction par le rassemblement plus tard d’expériences vécues dès l’âge tendre. Il m’a été dit à plusieurs reprises que ma voix était « mozartienne ».

Je laisse autrui le dire car il est bien difficile de parler de soi et de se définir.

Il est vrai que j’aime beaucoup Mozart et ce que j’aime dans ses opéras, c’est que ses héros et particulièrement ses héroïnes, généralement des sopranos, ne meurent pas à la fin de l’opéra mais au contraire, réussissent à sublimer leur problématique, à transcender leur difficulté d’être par le dépassement de soi, par amour, par générosité.

Edith boyer 2Contrairement aux autres compositeurs dont héroïnes et héros terminent leur vie généralement tragiquement même si j’adore les opéras romantiques !

J’ai également un grand amour pour Vivaldi, la musique baroque.

Je m’intéresse à la période Renaissance et Moyen-âge espérant bientôt aborder ce répertoire. Et j’ai un engouement pour la Mélodie française particulièrement avec Gabriel Fauré.

La nature m’inspire. J’en ai besoin et à Paris, ce n’est pas simple. Je dois m’extraire de la pollution et je me rends régulièrement en province pour me ressourcer.

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Quels conseils pourriez-vous donner à quelqu’un qui souhaiterait se lancer dans votre domaine ?

Edith BOYER

En plus des trois éléments incontournables, la disposition artistique, le travail et les relations, il faut, je pense une grande ténacité, beaucoup de persévérance. Savoir écouter les autres, recevoir leur avis avec humilité, apprendre à discerner les bons conseils des mauvais, reconnaître les bons maîtres des mauvais, savoir se remettre en question.

Et puis, il faut la joie incontournable d’abord pour soi-même parce que si on ne l’a pas, on ne peut la partager. Je ne répète pas des heures durant quotidiennement depuis plusieurs années pour chanter seule dans mon salon mais bien pour participer à quelque chose de plus vaste.