L’agence de publicité BBDO a imaginé 7 règles que les PDG de grands groupes devraient suivre pour adopter une « culture start-up » qui les rende plus agiles.

Comment éviter de se faire « ubériser » ? Comment anticiper la « disruption » ? Confrontés au tsunami de la mondialisation et du numérique, tous les PDG de grands groupes se posent désormais avec angoisse ce type de question.

Faut-il envoyer ses cadres s’acculturer dans la Silicon Valley ? Nommer un « chief data officer » ? Pratiquer l’innovation ouverte ? Financer des fablabs ? Incuber des start-up… ou bien acheter tout ce qui pousse sur son pré carré ? 

Un « Master en Administration Barbare »

Sans doute un mélange de tout cela. Car l’agilité des jeunes pousses relève davantage d’une culture, que de recettes pré-établies. En tous cas, des consultants commencent à faire leur miel de cette thématique, qui s’impose à mesure que les géants établis se trouvent, secteur après secteur, déstabilisés par les petits génies du digital…

L’investisseur et accélérateur de start-up parisien The Family – connu pour ses séries de conférences « Les Barbares attaquent… » – lance maintenant un MBA 2.0 , joliment intitulé « Master in Barbarian Administration ». A travers une série de vidéo, Nicolas Colin, Oussama Ammar et Vivek Wadhwa y transmettent aux dirigeants leur vision et expériences de la disruption. Selon ses concepteurs, ce MOOC à 950 euros « permet aux participants de s’approprier pleinement les codes et les schémas de pensée des startup. » 

Comment éviter de se faire « ubériser » ? Comment anticiper la « disruption » ? Confrontés au tsunami de la mondialisation et du numérique, tous les PDG de grands groupes se posent désormais avec angoisse ce type de question.

Faut-il envoyer ses cadres s’acculturer dans la Silicon Valley ? Nommer un « chief data officer » ? Pratiquer l’innovation ouverte ? Financer des fablabs ? Incuber des start-up… ou bien acheter tout ce qui pousse sur son pré carré ? 

Mercredi 27 janvier, dans les locaux parisiens de Google, une initiative plus événementielle du trio BBDO-Citizen Entrepreneurs-France Digitale confrontait des duos de cadres de grands groupes et d’entrepreneurs, dans différentes industries : médias, transport, énergie, commerce, environnement, alimentaire, finance. En préambule à cette soirée « Giants x Start-Ups », Loïc Mercier, Directeur de la Stratégie de l’agence BBDO Paris, a formulé « 7 règles que les grandes entreprises peuvent apprendre des start-ups », avec à chaque fois « une question à se poser dès demain matin ».

1 Soyez angéliques, ça vous mènera loin

Les start-up poursuivent un idéal : changer le monde, ou à tout le moins améliorer la vie des gens en résolvant un problème. « Soyez insatiables, soyez fous ! », conseillait jadis Steve Jobs aux étudiants de Stanford. Cette passion de faire, qui confine souvent à l’utopie, manque cruellement aux géants établis.

Question : Quel est l’idéal sur votre marché ? Quelles sont les insatisfactions auxquelles vous pourriez répondre ?

2 Divisez par deux votre « time to market »

Vous avez un an pour lancer votre produit ou votre service ? Faites-le en six mois, en repensant complètement votre processus habituel. Autrement dit, inspirez-vous des start-up qui lancent le plus souvent en beta un produit imparfait, qui est ensuite amélioré via le retour des usagers. Une méthode qui répond aux adages anglo-saxons « test and learn » ou « better done than perfect »…

Question : Quels sont les 3 dossiers tests où vous pouvez tester cette boucle d’apprentissage et réduire de moitié votre temps de développement ?

3 Suivez votre vision, mais sachez pivoter

Le « pivot », ou changement rapide de produit et/ou de modèle d’affaires, est le lot quotidien des jeunes pousses technologiques. Paypal, Twitter, Instagram, Flickr, Criteo… beaucoup sont passés par là. Même si un grand groupe ne peut pas slalomer en permanence, les évolutions structurelles de son environnement l’obligent à se remettre régulièrement en cause.

Question : Quels relais de croissance forte et durable pourriez-vous capturer ? Et si cela devenait, à terme, votre activité principale ?

4 Libérez-vous de la tyrannie du R.O.I.

La contrainte du « Retour Sur Investissement » rapide freine les ardeurs, étouffe la créativité et tue dans l’œuf les meilleures idées. Dans les premières années d’un produit ou service nouveau, il faut savoir privilégier la conquête de marché à la rentabilité à court terme. Car, à cause des effets de réseau, il existe souvent une prime au leader. En anglais: « winner takes all ».

Question : Quels sont les 3 projets tests sur lesquels vous n’allez fixer que des objectifs de croissance ?

5 Pluggez-vous aux énergies qui bousculent

Faites-venir des outsiders qui peuvent mettre un coup de pied dans la fourmilière, et vous projeter dans un futur que vous n’imaginiez même pas. Les étudiants ont le temps, l’énergie, l’irrévérence et l’angélisme pour proposer des solutions radicalement différentes. Les fondateurs de start-up dans votre secteur d’activité pourraient aussi vous aider à porter un autre regard sur vous-mêmes.

Question : Quelle est l’université, quelles sont les 3 start-up avec lesquelles vous associer pour vous bousculer ?

6 Mettez de l’héroïsme dans votre story-telling

Les jeunes entrepreneurs sont devenus des héros positifs de notre société. Toujours à la recherche de la nouvelle « nouvelle frontière », ils font la Une des magazines et inspirent les jeunes générations. Les grandes entreprises, elles, innovent… mais ne le racontent pas, ou pas bien. Car elles ne communiquent pas sur l’aventure humaine, ne mettent pas assez en valeur leurs « intrapreneurs », concepteur et développeurs de produits ou services de croissance.

Question : Quel est le projet test que vous allez raconter comme une start-up le ferait ?

7 Réinventez-vous, sinon quelqu’un le fera pour vous

Tous les jours, des dizaines de « Barbares » travaillent à des projets qui peuvent disrupter vos activités ! « Seuls les paranoïaques survivent », disait Andy Grove, l’ex-patron d’Intel. Les start-up ont, dans leur ADN, ce sentiment de fragilité permanente qui les pousse à être sur le qui-vive, exercer une veille de tous les instants sur les nouvelles tendances, et se concentrer sur les besoins de leurs usagers.

Conseil : Créez, dès demain matin avec des talents internes et externes, une start-up appelée « My Company Killer ». Et inspirez-vous du modèle alternatif dont elle accouche pour vous réinventer…

Oui, c’est vrai, tout cela est plus facile à dire qu’à faire ! C’était le sentiment des cadres de Pepsi, Total, EDF ou Mercédès, qui ont réagi aux propositions de BBDO. Mais ils savent aussi très bien que s’ils n’imitent pas Lou Gerstner, qui a appris à l’éléphant IBM à danser, ils ont du souci à se faire…

Source : Nouvel Obs 

Pour retrouver complet : http://tempsreel.nouvelobs.com