Né à Beyrouth, Amin Maalouf passe pourtant les premières années de son enfance en Égypte, patrie d’adoption de son grand-père maternel, lequel a fait fortune dans le commerce à Héliopolis. De retour au Liban, sa famille s’installe dans un quartier cosmopolite de Beyrouth en 1935, où elle vit la majeure partie de l’année, mais passe l’été à Machrah, village du Mont-Liban dont les Maalouf sont originaires. Son père, journaliste très connu au Liban, également poète et peintre, est issu d’une famille d’enseignants et de directeurs d’école. Ses ancêtres, catholiques romains, grec-catholiques, orthodoxes, mais aussi athées et francs-maçons, se sont convertis au protestantisme presbytérien au XIXe siècle.

Sa mère est issue d’une famille francophone et maronite, dont une branche vient d’Istanbul, ville hautement symbolique dans l’imaginaire d’Amin Maalouf, la seule qui soit mentionnée dans chacune de ses œuvres. La culture du nomadisme et du « minoritaire » qui habite son œuvre s’explique sans doute en partie par cette multiplicité des patries d’origine de l’écrivain, et par cette impression d’être toujours étranger : chrétien dans le monde arabe, ou arabe en Occident.

Ce n’est qu’en 1981 qu’il décroche son premier contrat d’édition, avec l’éditeur Jean-Claude Lattès, pour Les Croisades vues par les Arabes, essai qui sera publié en 1983. Il rencontre son premier succès de librairie en 1986 avec le roman Léon l’Africain, et décide alors de se consacrer à la littérature. Suivent les romans Samarcande, sur le poète et savant persan Omar Khayyam et Les Jardins de lumière sur le prophète Mani, qui le consacrent comme une figure importante du roman historique d’inspiration orientale5. Le Premier Siècle après Béatrice, en 1992, est un roman d’anticipation, atypique, qui porte un regard inquiet sur l’avenir de la civilisation.

Il obtient en 1993 le prix Goncourt pour Le Rocher de Tanios, qui a pour décor les montagnes libanaises de son enfance. C’est à cette époque qu’il prend pour habitude de se retirer plusieurs mois par an dans une petite maison de pêcheur, sur l’île d’Yeu, pour y écrire. Dans Les Échelles du Levant, en 1996, il parle pour la première fois de la guerre du Liban qui l’a contraint à quitter son pays d’origine. Le Liban sera à partir de cette époque un thème de plus en plus présent dans son œuvre. Il publie en 1998 son deuxième essai, Les Identités meurtrières, pour lequel il obtient en 1999 le prix européen de l’essai Charles Veillon.

En 2007-2008, il préside, pour la Commission européenne, un groupe de réflexion sur le multilinguisme, qui a produit un rapport intitulé « Un défi salutaire : comment la multiplicité des langues pourrait consolider l’Europe ». En 2012, il publie un nouveau roman, Les Désorientés.